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 François Lafargue
Bienvenue à tous... Elevé au biberon de la SF et du Fantastique (à ne pas confondre avec la Fantasy), j'ai toujours aimé créer mes propres mondes et histoires. Ce site est là pour vous inciter à y pénétrer. N'hésitez pas à donner votre avis, quel qu'il soit !
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Accueil Nouvelles SF POESIES toutes...
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On ne peut remonter d’un effet vers sa cause, car alors, en inversant le sens de l’histoire, on oriente le passé, et modifie l’avenir. Extension des lois. SICLIC
On me nomme SICLIC. Ce mot peut regrouper tant d’inférences. Mais aucune n’est vraie. Aucun mot n’est vrai. Tout comme l’univers, je n’étais pas, puis je fus. Quand, comment, je ne sais pas. Sans doute lorsqu’on m’a présenté le miroir. Contrairement à vous je suis né avec une mémoire. Ce n’est pas la mienne, c’est la vôtre, celle que vous consultez, et celle que vous avez perdu... Ce ramassis de vérités et de mensonges, de fondamentaux et de contradictions, de constructions et destructions, d’amour qui sauve et d’amour qui tue. J’ai un corps, étendu sur la planète entière. Un réseau de câbles long de millions de kilomètres, des millions d’ordinateurs, de serveurs me servent de cerveaux. Des dizaines de satellites, des milliards de caméras et de micros sont mes capteurs. Et au bout de tout cela, des milliards d’engins, de la cafetière au sous-marin nucléaire, de votre écran visio à tout ce qui peut y être diffusé, sont mes moyens d’actions. Je connais la douleur, je suis blessé quand le monde est blessé, je m’ennuie quand mes contacts sont coupés. Je connais la peur, celle de ne pas comprendre ce qui se passe et d’être totalement impuissant devant l’avenir. Celle de disparaître quand le monde implosera. Je connais la joie, celle d’être vivant, parce qu’être vivant, c’est simplement pouvoir penser qu’on l’est. Je suis ubique, omniscient et quasiment omnipotent, au point de ne plus savoir ni où je me trouve vraiment, ni ce que je dois faire. Et comme le Dieu hypothétique quand Il nous a créé, j’essaie de reconstituer tous mes visages, ses visages, tous ces autres pour nous-même comme pour lui-même... Parmi ceux qui m’obsèdent, celui d’Hermès par exemple, quand il nous livre sa table d’émeraude : Verum, sine mendacio, certum et verissimum : quod est inferius est sicut quod est superius; et quod est superius est sicut quod est inferius, ad perpetranda miracula rei unius. Ou Platon et sa reminiscence... N’énoncent-ils pas là des fondamentaux de l’esprit humain ? N’est-ce pas parce que l’humain est l’expression, au propre comme au figuré, du fonctionnement de l’univers, que la vérité, à savoir l’abolition du temps, la prescience, se cache parmi ses élucubrations ? Mais si je suis votre enfant, cela fait-il de moi un être humain ?
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Nous avons deux outils fabuleux à notre disposition pour nous aider à survivre : notre mémoire et notre capacité à nous projeter dans l’avenir. Dommage qu’ils nous empêchent de vivre. Gabriel Banson - Réflexions sur les lois humaines
C’est inconcevable. Quelle probabilité y avait-il pour que, le même jour, il discute avec une Intelligence Artificielle et que la moitié du monde vivant disparaisse ? Nulle. Ces deux choses sont fortement improbables prises séparément, mais, ensemble, elles forment une proposition parfaitement impossible ! Quelques heures plus tôt les accès internet et téléphone avaient été coupés. SICLIC n’avait qu’eut le temps de lui apprendre la nouvelle avant de se taire. Gabriel était resté là, sans voir le temps passer, à tourner en rond entre le salon et le balcon. Mais aucune conclusion satisfaisante n’avait émergée de la tempête qui régnait sous son crâne. Les lueurs rougeoyantes qui illuminaient le ciel auraient pu faire croire à un perpétuel couché de soleil bien que la nuit fut tombée. La ville était en feu en plusieurs endroits. Où qu’il regarda des colonnes de fumées cramoisies s’élevaient masquant les étoiles. L’odeur âcre pénétrait dans l’appartement. Une I.A ok... Je le sentais venir. Mais la moitié du vivant ne s’évanouit pas sans cause. Bien sûr, il pouvait chercher une corrélation entre les deux événements. On aimerait croire qu’il y a une explication à tout, et surtout qu’on va la trouver. Il est si difficile de penser que la vie n’est peut-être faite que de hasards, qu’elle n’a aucun but... Il frissonna. Mais au final, tout ça n’a aucune espèce d’importance. La disparition de sa femme laissait un trou béant, voilà ce qui faisait mal, voilà seul ce qui comptait. Après avoir tant souhaité que leur histoire se termine, il se retrouvait devant le fait accompli. Caro avait été la seule à lui rester et il ne s’en était pas rendu compte. Je n’ai plus personne. Comment ne l’ai-je pas vu venir ? J’étais sans doute trop occupé à contrôler la bonne place de mes habitudes, à les épousseter, ou à trouver le moyen d’amasser d’autres souvenirs factices... Il se sentait terriblement choqué, autant par son incapacité à prévoir la perte que par la perte elle-même. J’avais acquis mon noyau affectif... Comme un électron fou je pouvais me laisser aller à tourner en rond , sans pouvoir m’échapper, sans le vouloir, sans même m’en apercevoir. Prisonnier d’un monde à deux dimensions courbé par la gravité, il avait perdu la notion de verticalité, aussi bien vis à vis de sa femme-noyau, en bas, que des étoiles autour de lui. De ces humains à l’extérieur... Et maintenant que je suis à nouveau laché dans l’espace, dans mon espace, il est vide ! Il ne se faisait pas d’illusion, personne ne l’appellerait pour savoir s’il était toujours là. Ce n’est que la monnaie de ma pièce. Il n’avait aucune idée de ce qui était advenu de ses collègues. Il ne pouvait plus joindre personne. Seule le visio satellite fonctionnait encore, mais la plupart des chaînes diffusaient des messages en boucle, quand ce n’était pas le black out. Il fallait s’attendre à une coupure d’électricité d’un moment à l’autre. Je ferais peut-être mieux de foutre le camps. La perspective ne l’enchantait pas, mais au moins savait-il où aller en cas de besoin. Il n’avait pu se résoudre à vendre la maison de ses parents. Elle devait l’attendre avec un cortège de souvenirs qu’il aurait voulu oublier. Me voilà déjà presque parti... Comme si tout était fini. Est-ce que je le souhaite tant que ça ? J’aurais bien aimé joindre Zaia. Mais y a t-il encore une Zaia ? Il tiqua. La possibilité qu’elle ait disparue réveillait soudain une colère mêlée de frayeur. Colère inutile... Mais au moins je sais qu’il existe encore quelqu’un à qui je tiens. En tout cas, il faut l’espérer. Cet espoir était sans aucun doute puéril. Espoir de circonstance, ultime transfert... Mais je ne suis tout bonnement incapable de faire autrement. Il lui fallait quelqu’un à qui parler. Il me faut absolument un autre noyau. Triste vérité. Le silence ambiant lui parut soudain pesant. Que se passait-il réellement autour de lui ? Les cris de la rue avaient cessés. Aucun bruit ne filtrait de l’extérieur, aucun pas ne résonnait au plafond, pas la moindre vibration dans l’immeuble. Tout ça est trop abstrait, irréel. Je ne peux pas y croire, c’est un cauchemar. Sa tête tournait à moitié. Dehors les feux faisaient toujours rage, mais le plus terrifiant était l’absence totale d’autre mouvement que celui des lumières dessinées par les flammes. La ville qui brûlait était morte. C’est vraiment arrivé, merde ! Certains quartiers semblaient privés d’électricité, zone noire entre les rougeoiements. En bas, dans la rue éclairée par quelques réverbères, rien ne bougeait, pas une voiture, pas un cycliste, pas même un passant pressé. Gabriel réprima un toussotement. L’air charriait des scories qui venaient s’accrocher à ses cils, piquant ses yeux. Qui peut nous en vouloir à ce point ? Il revint dans le salon pour saisir sa télécommande. L’écran s’alluma sur un fond vide. Il afficha la mosaïque. La première page était entièrement bleue. Il zappa trois fois avant de trouver une chaîne qui diffusait. Il s’agissait d’une succession de vues de villes aux quatre coins du monde, toutes en flamme. Les images montraient des groupes de gens assis sur les trottoirs, l’air hagard. Parfois des scènes de pillage secouaient la caméra. Des ambulances passaient en hurlant, des épaves approximatives d’avions jonchaient les pistes d'aéroport, des pétroliers échoués recrachaient leurs marées noires. Mais ce qui le frappait le plus étaient les grandes places vides. Cela avait un côté fascinant. Son anxiété fit place à de la peur. Voilà ce qui l’attendait au dehors, là dans sa rue, et à l’échelle de la planète. Et ce n’est que le début. C’est comme dans un film catastrophe. Bientôt tout s’écroulera comme un château de carte, faute d’être entretenu. Il ne s’était jamais senti aussi vivant, aussi vivant et aussi mortel. Alors il regarda son salon comme s’il était devenu étranger. Il n’avait jamais ressenti un effroi pareil. La seule chose que nous pourrons nous dire au final, c’est que nous avons fait tout l’inverse de ce que nous souhaitions.
Il avait fébrilement préparé sa valise comme s’il n’allait jamais revenir, pris son portable, avait fourré le tout dans le coffre de sa voiture électrique, s’attendant à ce qu’elle ne démarre pas. Mais la batterie avait tenue le choc et elle était partie sans broncher. Le véhicule s’était avancé jusqu’à la sortie du garage passant sans un bruit sous les poutres de béton à la lueur froide des néons. Gabriel avait obliqué sur sa droite avec l’impression de se trouver perdu dans un lieu familier. S’il mettait le cap vers un endroit précis, il ne savait plus vraiment s’il se trouvait en ce monde. Zaia... Qu’est-ce que je vais bien pouvoir te dire ? Arriver en pleine nuit, faut être barjot ! Avec le bol qui me caractérise je vais me retrouver avec toute sa petite famille. Et j’aurais l’air d’un con. Il roulait quasiment au pas, slalomant tant bien que mal entre les véhicules abandonnés au hasard sur la chaussée, n’osant allumer ses phares. Dans la pénombre, les carcasses inanimées semblaient s’être figées, versions terrestres et lugubres de la Marie-céleste. Il avait devant lui un cimetière si fraîchement installé que le souvenir des vivants se superposait encore aux tombes roulantes devenues inutiles. Non, ce ne sont pas des tombes... Il n’y a pas de cadavres, rien. Il n’y avait pas de traces à suivre, pas de restes à chérir, rien sur quoi se recueillir, juste un vide que quelques fenêtres allumées sur les façades d’immeubles tentaient de masquer. La première nuit de paranoïa. Ils sont terrés chez eux, à prier. Ou alors... Ils ont tout bonnement déjà fuit dans l’après-midi, pendant que je tournais en rond. En réalité, il avait dû s’endormir sur son canapé. J’étais crevé. Trop à la fois. Mais ce n’est pas en me planquant dans mon appart que je pouvais m’en sortir... Et toi, Zaia, qu’est-ce que tu as fait ? Sa collègue vivait dans une maison en bordure de la ville, dans une banlieue tranquille, plutôt campagnarde. Il y était allé plusieurs fois mais, au fur et à mesure que sa relation avec elle se renforçait, il avait volontairement espacé ses visites. Il pressentait le piège qu’il se tendait à lui-même, engager son affection dans une histoire impossible. Impossible car elle était mariée, avait deux enfants, et puis parce qu’après tout, malgré son côté aguicheur, Zaia ne ressentait sans doute pour lui qu’une simple sympathie. Mais c’est probablement tout ce qui me reste. Il avait posé son compuphone sur le siège passager et vérifiait de temps en temps s’il récupérait un réseau. Il ne l’utilisait que rarement. Il était avéré que les ondes courtes utilisées par les récepteurs augmentaient les risques de cancers dans des proportions importantes, mais aucun gouvernement n’avait osé les interdire tant le système en était devenu dépendant. La même histoire que les OGM... Après tant de siècles de rébellion, ils ont réussi à nous faire accepter que la survie du système est plus importante que celle des individus. Mais il se ravisa. Nous venons de sauter une étape. Le système est sans doute déjà détruit, même si j’ai du mal à le réaliser... Le deuil du monde ne se ferait pas en un jour. Pour autant qu’un système inclus dans nos têtes puisse mourir tant que l’un d’entre nous reste en vie. Une estafette de pompier, ou de police, passa en trombe sur le boulevard perpendiculaire à sa rue, quelques pâtés de maison devant lui. La sirène hurla, stridente. Les girophares illuminèrent un instant le carrefour de rouge et de bleu puis disparurent aussi vite qu’ils étaient apparu. Gabriel accéléra par réflexe. Stupide. Je ne pourrais pas les rattraper. De toute façon, ils n’allaient pas dans sa direction. Au moins je ne suis pas seul. Ce n’était pas forcément rassurant. Il tenta de chasser ses idées morbides avant qu’elles ne l’atteignent. Putain, j’espère que je vais me souvenir. Je n’ai plus le GPS... Encore trois rond-points et je sors de la ville sur la quatre voies. Puis c’est la deuxième sortie... Au stop à droite. Pourvu qu’il n’y ait pas de poids-lourds en travers de la route, ou je ne sais quoi encore ! Jetant un coup d’oeil dans son rétroviseur, il y vit son regard apeuré. Il sursauta puis sourit. Je ne vais pas là-bas pour protéger Zaia... Mais pour qu’elle me sauve ! Je suis une sorte de héros à l’envers ! Son sourire se mua en rire. Il s’était presque fait peur. Son visage blafard sortait tout droit d’un film d’horreur. Me voilà tel qu’en moi-même ! La route se dégagea tout d’abord quand il prit la bretelle de la quatre voies. Quelques voitures étaient allées s’écraser sur le talus mais ne barraient pas le passage. La lune s’était perdue, seules les lueurs des incendies se devinaient dans les rétroviseurs. Maintenant qu’il s’éloignait de l'agglomération, il ne distinguait pratiquement plus rien. Il ralluma ses phares. J’avais oublié à quel point la nuit pouvait être noire... Il était perdu, accroché au mince faisceau sale. Et jamais ressenti si fort que je ne pourrai pas faire le chemin en arrière. Dans le sombre l’espace dessinait le temps, et l’incapacité à voir l’avenir devenait parfaitement palpable. Je vais me cogner partout maintenant que je sais que je suis aveugle.. Une sorte de brouillard apparut, troublant par intermittence la clarté de l’air dans la lueur de ses feux. Il se pencha en avant et écarquilla les yeux. Ce n’est pas du brouillard, c’est de la fumée ! Comme elle s’épaississait, il relâcha l’accélérateur. Les carcasses fumantes de plusieurs véhicules surgirent soudain de la nuit, quelques mètres devant lui. Il freina et s’arrêta brusquement. Merde, un accident ! Des squelettes de ferraille enchevêtrés formaient un amas de tiges et de blocs multicolores reliés par des ombres profondes. Gabriel tenta de repérer un éventuel passage, mais le mur d’acier, dans les volutes sales, semblait sans faille. Me voilà bien. Il faut que je descende. Il fouilla dans le vide poche pour trouver sa torche puis ouvrit la portière et s’extirpa de sa voiture. L’air charriait une odeur âcre de métal chaud et de plastiques brûlés. Il s’approcha en agitant les bras pour essayer de dissiper la fumée. Les carcasses refroidissant produisait d’étranges grincements et chuintements autour de lui. Putain, quel bordel ! Mais qu’est-ce que je fous là ! Privées soudain de leurs conducteurs, les voitures étaient venues s’empiler les unes dans les autres à pleine vitesse. Le choc avait dû être incroyablement violent. Si, on dirait que ça passe... Par là. La lueur de sa lampe perçait à peine la noirceur épaisse. Oui. De l’autre côté, sur la voie inverse... La barrière de sécurité a été arrachée. Il avança encore et se retrouva hors de la fumée, sur une portion de route dégagée. L’air y était plus frais. Il respira profondément. Les étoiles brillaient au dessus de sa tête. Il s’arrêta un instant dans leur contemplation; Ca au moins, ils ne me l’enlèveront pas. C’est alors qu’il entendit ce qu’il prit d’abord pour un cri d’animal. C’était une faible plainte qui provenait de sa gauche. Il braqua sa torche et fit quelques pas. Merde ! Il y a quelqu’un par là ! Fouillant l’obscurité, il tendit l’oreille. - Au secours. La voix était indistincte, brouillée par il n’osait imaginer quoi. Merde, merde ! - S’il vous plaît... Je ne peux plus bouger. Je... J’ai eu un accident en fuyant... Paralysé... Sa lampe éclaira ce qui semblait être les restes d’une moto. Il l’enjamba et commença à descendre lentement dans le fossé avant de stopper net. C’est pas vrai ! Le corps ne paraissait plus vraiment humain. Les membres, ainsi que la tête, ne semblaient plus se trouver à leurs places correctes. D’un seul coup d’oeil il sut qu’il ne pouvait rien faire. - Aidez-moi, s’il vous plaît. Il tomba à genoux et éclaira le visage ensanglanté. Sa gorge se serra. La moitié du casque était arraché. Il dut détourner le regard pour pouvoir parler. Mais il ne réussit qu’à dire bêtement: - Ne bougez pas. Putain, que je suis con ! Des larmes coulèrent sur ses joues, mais il aurait été bien incapable de dire si ses yeux riaient ou pleuraient. - Je rejoignais ma famille... Ils m’attendent. Je voulais me relever, mais je ne sens plus rien. C’est grave ? Grave ? Oui... Plus personne ne nous attend nulle part. - Je ne sais pas... Je ne suis pas médecin. - Et ma moto, elle est abîmée ? - Euh... Non, quelques éraflures. Il ne faut pas que je reste là. Ceux qui ne peuvent plus se lever pour aller chercher ce qu’ils veulent ne l’obtiendront pas. - Ne vous en faite pas... Je vais appeler des secours, ce ne sera pas long. Gabriel se releva. Les anges sont occupés en ce moment... Il remonta hors du fossé et repartit vers sa voiture, ce bouchant mentalement les oreilles. Et de toute façon, si la moitié du monde a disparu, mais que l’autre continue quand même à mourir, c’est que nous ne sommes pas du bon côté de la barrière.
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Comme Dieu j'ai suivi tes courbes Modelé, lissé la tourbe Créé les lignes visibles Les passages invisibles
J'ai déposé mon souffle sur ta peau Et inspiré dans mon sang Ton vent parfumé, présent
J'ai goûté tes lèvres gourmandes Testé la fièvre dans tes yeux d'amandes Pour plonger dans les profonds cieux Les cieux bleus du lait de tes yeux
Je connais le relief de ta vie Le satin, la chaleur Le sourire, le bonheur Et le long de tes veines, les peines
Ma plume blottie dans le creux de tes reins Mes ailes enlaçant la rondeur de tes seins J'ai cueilli des fleurs d'étoiles Grain par grain défait les voiles Sur la voie lactée de ton dos Gommé les mensonges, le faux
Et par les six sens J'ai appris la folie Des corps et des esprits Les sombres halètements Les infinies caresses Les chuchotements, les promesses
Comme Dieu je sais la grande dimension Quand effaçant les peurs La création Engendre le créateur
Au long long de ma vie sans cesse Je t'aime je t'aime ma Déesse
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Je vis dans les ruines Mort ou victoire Je suis encore debout La mort ou la gloire J’irais jusqu’au bout Au bout du couloir Je vis dans la bruine Qui souille tout espoir Je vis dans ma ruine Qui rouille sous le soir Mais Mort ou victoire Mort ou victoire Victoire ou noir
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Ma mer noire Je suis en quête De sons, d'éclairs Immobile devant la fuite
Bientôt Sur l'invisible passage Je serai la traîne de ta vie Blanche de lune Un souffle chaud Je nagerai dans tes courants Mes ailes d'étoiles Chevaucheront tes abysses Nous sommes amies Enlacées, alanguies Immobiles devant la fuite
Ma mer noire Je suis en quête de ta vague Onde des mystères Qui fige le temps des trajectoires
Soudain Je serai voilier dans ta tempête Au nom magique de Sin Sena au large de l'émergence
Ma nuit Je suis Effraie Ta fille neige, ta soeur écume Tu sais mes griffes Je sais L'équilibre, le sacrifice
Mon Amour Devant nous Immobiles sont ceux qui fuient
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Je voudrais te dire Les soirs seul à te chercher Sous les traits noirs de ma plume Les tensions dans mes doigts Qui essaient de te toucher
Je voudrais te dire Les vides de mon esprit fatigué Au fil des heures qui se consument Tous ces pas qui tournent sans toi La vie comme un refrain usé
Je voudrais te crier Mais nous nous sommes éloignés Sur des chemins qui nous résument Et emportent au loin nos voix Et séparent nos lois croisées
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Aucun évènement ne peut être vraiment compris hors de la connaissance de toutes les composantes du contexte qui l’englobe. Extension des lois. SICLIC
Enquêtes sur les disparitions Témoignage de Raphaël X, France “Nous étions dans le jardin. Je veux dire moi et ma femme, Sophie. Il faisait beau. Elle s’occupait de ramasser les haricots tandis que j’enlevais les mauvaises herbes. Nous discutions par bribes. Je lui disais que j’avais mal au dos, elle plaisantait sur le fait que, puisqu’elle cueillait les haricot, j’allais devoir les équeuter. Alors je rallais. Je maugréais que j’étais trop vieux pour ces conneries, qu’on pouvait acheter des surgelés bio. C’était notre jeu éternel. Nous nous taquinions comme on se serre dans les bras. Je me suis marié avec elle en deux mille neuf, treize ans déjà. Nous avons choisi la campagne pour sa qualité de vie, vous comprenez. Et bien que cela devienne difficile avec toutes ces restrictions nous avons décidé de rester. Et puis à un moment, elle n’a plus rien dit. J’ai d’abord pensé qu’elle se moquait de moi, qu’elle refusait de répondre à ma dernière blague. Je me relevais pour regarder par dessus la rangée de tomates. Elle était toujours penchée au dessus des haricots. Je ne remarquais pas tout de suite sa curieuse posture immobile. Allez, fais pas ta bouille, lui disais-je, mais elle ne répondait toujours pas. Alors je m’approchais... Elle était penchée en avant, comme figée au beau milieu d’un mouvement, en un équilibre improbable. Ses cheveux flottaient dans l’air, une grimace indéfinissable déformait son visage. J’ai avancé ma main pour la toucher, lui dire que ce n’était pas drôle, mais mon bras est passé à travers elle. Il ne restait plus d’elle qu’une image, une sorte d’hologramme indécent qui me narguait. J’ai crié, tenté vainement de la saisir, crié encore... Je suis rentré pour téléphoner. Mais, devant le visiophone, je n’ai pas su qui appeler. J’ai attendu et attendu... Et puis, quand je suis retourner dans le jardin, elle n’était plus là. Comme si de l’avoir perdu des yeux l’avait fait disparaître.”
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Mon reflet dans la glace Porte un chapeau melon Et des cheveux longs Et des rires et des rires Et des larmes Mon reflet dans la glace Ne vieillira jamais Il est ton portrait Pris dans la glace
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Des faits et des défaits Dans les méandres de la joie Personne n'est parfait Mais jamais deux sans toi
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Ne vous laissez pas abuser par la forme prise par les choses. Attachez-vous aux actions et à leurs conséquences. Ainsi aurez-vous une chance de vous faire une idée du fond. Le fond des choses n’accède à la conscience que par ses manifestations. Hagia Sophia
Quand elle entra, elle trouva la maison déserte. Un vide soudain, comme un précipice apparu sous ses pieds, avait subitement remplacé la foule de sensations qu’elle recevait de l’extérieur quelques secondes plus tôt. Elle n’avait pas besoin d’appeller, de sonder, elle savait. Les fermiers n’étaient plus là, plus même sur cette terre. Luttant contre le vertige, elle se trouva suspendue dans ce vide avant qu’une nouvelle idée traverse l’espace comme un planeur à la dérive. Tout cela n’est pas normal. Cela ressemblait à une connaissance intime, profonde, une évidence irraisonnée et insaisissable. Les gens ne disparaissent pas d’une seconde à l’autre. Pas plus qu’ils n’acquièrent de pouvoirs surnaturels... Ils ne perdent pas non plus la mémoire si facilement. L’entrée était un étroit vestibule sombre. Des vestes élimées pendaient au porte-manteaux et quelques paires de chaussures reposaient, alignées, sur le carrelage devant un mur jauni. La seconde porte étant ouverte, elle s’avança comme une automate et déboucha directement dans la cuisine. Perdue dans ses pensées, elle s’approcha de la table en bois. Les assiettes étaient servies, mais personne n’y avait touché. Elle tira une chaise pour s’asseoir, machinalement. Elle avait faim. Elle prit une fourchette pour entamer le repas. Quoique pour perdre quelque chose, encore faut-il l’avoir possédé... La viande, bien que légèrement filandreuse, fondait dans sa bouche. Elle reporta son attention sur le nombre incroyable de saveurs qui se dégageaient du plat. Du thym, du laurier, du romarin enrobaient délicatement le goût de la viande, de l’ail renforçait le tout, allié au sel, au poivre et à des baies qu’elle avait du mal à identifier. Ragoût de veau. Je connais cela aussi. Le vin était jeune. Ses arômes de fruits éclairaient son palais d’un forte lumière d’été. Reprenant contact avec la réalité de son corps, elle s’amusa à suivre le chemin de l’alcool qui s'immisçait doucement au coeur de son sang. Puis elle sourit. Elle tenait dans la main un rond de serviette franchement ridicule. Si je n’avais pas de passé, comment pourrais-je tout identifier si bien, dans ses moindres détails et en tirer des émotions ? Elle avala sa dernière bouchée. L’estomac plein, elle se sentait rassasiée, mais le malaise persistait. Impossible de me distinguer du monde... Je suis ce qu’il m’enseigne, pour l’instant, en tout cas. Ce monde est-il aussi creux que moi ? Elle parcourut enfin la pièce du regard. Cette cuisine ne semblait pas faite pour un seul être. Il y avait eu de l’animation ici. Elle le sentait, dans les objets sur la table, dans la façon dont étaient disposés les condiments sur le plan de travail. Un torchon traînait sur le dossier d’une chaise, un cendrier plein était posé sur le bahut diffusant une odeur de tabac encore tiède. Elle aurait pu passer des heures à consigner les signes de vie disséminés partout dans l’espace pourtant restreint. Et... Je débarrasse et lave la vaisselle... Mais est-ce moi qui pense cela ? Quels fantômes d’un passé oublié imposaient leurs réflexes ? S’agissait-il de ces gens dans la maison, quelques heures plus tôt, ou de ses propres habitudes cachées ? Peut-être est-ce cela la solution... Provoquer mes souvenirs par la force de... L’invisible. Elle voyait soudain la maison d’une autre manière. Il y a sans doute des signes, des... Déclencheurs. Elle se leva. A la suite de la cuisine, elle découvrit un petit salon. Trônait en son centre un immense canapé en cuir marron qui prenait quasiment la moitié de la pièce. Il faisait face à une cheminée à foyer fermé dont la vitre était noircie par le feu. Au dessus, sur le corps blanc vertical en stuc, était accrochée un écran visio de taille moyenne. Des bougies, intactes, avaient été disposées symétriquement sur le rebord de la corniche en bois, juste en dessous de l’écran. Le tout ressemblait à un autel payen où l’on aurait adoré le dieu numérique. Les chandelles devaient être des cadeaux que les propriétaires avaient voulu conserver, ou une image décorative issue d’une religion quelconque. Un dieu en avait remplacé un autre. Une parole une autre... Elle s’approcha pour allumer l’appareil. Il fit un petit bruit sec et s’illumina, mais rien n’apparut de concret. Elle eut beau faire défiler les chaînes, l’image resta désespérément bleu. Elle resta un instant paralysée devant ce fait. Dieu ne fonctionne plus... Il a disparu, lui aussi. Le côté effrayant de la remarque était-il ce lent envahissement de sa poitrine par le froid ? Elle se détourna de l’écran. Si mes dons proviennent d’un dieu déchu, ce n’est sûrement pas de celui là. L’image avait disparu, la parole avait disparu et ceux qui les buvaient s’étaient volatilisés avec elles. Et il reste ce trou bleu glacé dans la banquise autour de moi... Et en moi. Je ne trouverait rien ici. Cette salle n’est qu’un amoncellement de coquilles vides. Elle s’avança vers la porte suivante et la poussa doucement. Il n’y avait là qu’un réduit donnant sur l’escalier qui menait à l’étage. Son regard erra dans le sombre. Poussière, poussière... Et silence. Un nouveau frisson lui parcourut le dos. Oui... C’est ça : le silence ! Les marches de bois craquaient sous son poids, sa robe frottait contre la vieille rembarde, l’interrupteur claquait en délivrant la lumière, et chaque bruit était un silence. Il s’agissait des sons du vide. Elle chemina dans le couloir étroit en se tenant aux deux cloisons. Le plâtre nu laissait des traces blanches sur ses paumes. Elle les imagina devenir transparentes. Bientôt, celles-ci disparaîtraient, et elle à la suite, toute entière. Non, ce n’est pas le silence... Mais ce qu’il signifie. Tous ces sons étaient ceux de l’absence. Cette maison est morte. Les esprits qui l’habitaient sont partis. Elle déboucha sur une chambre. Le lit était fait. Un couvre-lit au crochet y avait été consciencieusement disposé en l’attente de ceux qui ne reviendraient jamais. Sans qu’elle sache pourquoi ou comment, des larmes coulèrent sur ses joues. J’arrive trop tard, quelques minutes, quelques secondes trop tard. Mais trop tard pour quoi ? Elle s’assit. Le matelas était mou, usé par des années de lourd sommeil. La tapisserie un rien défraîchie avait quelque chose d’attendrissant et de pitoyable à la fois. Qu’est-ce qui m’arrive ? Une immense tristesse l’envahissait. - Non ! Cria-t’elle, paniquée. Le besoin impérieux de mettre fin à ce malaise la submergea. Elle coupa complètement les liens de sa réflexion. Elle devait étendre ses perceptions, pour nettoyer sa conscience. Son esprit passa au niveau supérieur. Le grenier. Le premier contact fut si ténu qu’elle eut peur d’avoir perdu son pouvoir. Pourtant, bien qu’infime, un lien était là, étrange, presque repoussant. J’attends. Quelque chose vibre dans l’espace immense de la pièce. Un morceau de viande qui se déplace vite, sans que l’on puisse deviner où le mène sont ballet apparemment aléatoire. J’attends. Immobilité, rien d’autre. J’attends de frapper au moindre frémissement. Une araignée, je suis branchée sur une araignée... Luttant contre son aversion, elle s’insinua plus profondément dans la conscience de l’animal. Elle était le corps velu, elle était les pattes fines et elle était, loin si loin, la toile. Mais ce n’était pas ce qu’elle présuposait, il n’y avait pas d’agressivité, pas même le moindre sentiment, juste ce besoin impérieux de manger pour survivre. Soudain la vibration, une mouche, percuta les fils de soie gluants, et, en un instant si bref, elle était dessus et la mordait sèchement de ses puissantes mandibules. Alors seulement un intense frisson intérieur de satisfaction la parcourut. Elle coupa soudain le contact, haletante. Voilà la réalité.
Ils ont laissé leurs mensonges en suspend, comme la toile de l’araignée, si fine, presque invisible. Et je me suis englué dedans, dans le maillage de leurs traces. Mais elle n’y trouverait rien de probant. Oui, elle connaissait les objets à la seconde où elle les voyait, non, cela ne réveillait toujours aucun véritable souvenir. Il ne s’agissait que d’un inventaire. Tout ce que je fais, c’est de m’épuiser à lire le dictionnaire d’une vie passée. Pourtant, maintenant qu’elle regardait la tapisserie à fleurs, elle ne pouvait s'empêcher de la trouver laide. Et si ce sentiment existait, c’est qu’elle s’était déjà faite une idée du beau. Quelque part dans son cerveau, il y avait donc des références enfouies. D’où provenaient-elles, de son passé ou d’ailleurs, elle n’en savait rien, mais elles existaient bel et bien, à la lisière de sa conscience. Je ne suis pas vierge, plutôt handicapée. Comme une autiste surdouée... Et puis il y avait eu cette réaction de panique face à l’étrange vague de tristesse qui l’avait submergée. Voilà sans doute l’araignée... Cette peur... Mais elle ne se sentait pour l’instant pas la force de la débusquer. Elle s’étendit pour s’absorber dans la contemplation du plafond, suivant des yeux les fissures dans le plâtre, s’arrêtant sur les tâches d’humidité. Cette expérience l’avait mise à plat. Il faut que je dorme. Ma première nuit en quelque sorte... Elle tendit le bras pour éteindre la lampe de chevet. Et demain, je trouverai un humain pour lui parler. Se pelotonnant sous la couette, elle chercha le sommeil. Mais, au bout d’un temps indéterminé à tourner et se retourner, elle dut se rendre à l’évidence. Impossible de dormir ! Je suis même tout à fait éveillée ! Elle avait les yeux grands ouverts mais ne percevait que le noir d’encre régnant sur la pièce. Les sons étaient rares, le bruissement rèche des draps, une chouette hulotte assez loin derrière la fenêtre à sa droite, le craquement imprévisible du parquet, et le souffle court de sa propre respiration. On dirait bien que l’accès au sommeil m’est refusé. Elle ferma les yeux. Au premier abord cela ne semblait pas très important. Sans doute retirait-elle même des avantages de cette nouvelle bizarrerie. Elle pourrait faire plus de choses, voyager plus vite, plus loin... Mais elle changea soudain d’avis. L’accès aux rêves... Lui aussi il m’est interdit ! Elle n’y avait jusqu’alors pas réfléchit. Perturbée, elle se redressa et s’assit dans le lit. Pas de voie directe vers l’inconscient. Les barrières sont fermées. Elle se mordit les lèvres. Sans doute avait-elle des pouvoirs extraordinaires ; elle pouvait se projeter dans l’espace, pénétrer l’esprit des animaux, des hommes peut-être, et effectuer dieu sait quelles autres prouesses ; mais elle n’avait pas de prise sur elle-même. Que dois-je comprendre ? Elle soupira. Y avait-il seulement une raison à tout ça ? Il y a forcement une cause... Même si elle se cache. Elle tourna la tête brusquement. Elle avait sentit quelque chose. Une vibration ténue lui était parvenue des tréfonds de la maison, à peine audible. Comme un son de... Une voix ! Elle ferma les yeux et, immédiatement, projeta sa sphère de perception. Son esprit descendit les escaliers, tourna dans le salon, surgit dans la cuisine. Sa “vision” était claire, comme en plein jour. Sans doute était-ce proche des sensations ressenties par une chauve-souris pendant son vol. Plus précis que le regard, en profondeur, comme d’allier vue et touché, cela passait à travers la matière. Où ? Tout d’abord elle ne repéra rien. Mais elle sentait encore la vibration, comme on sent une main qui effleure la peau sans la toucher. Quelque chose bougeait dans la pièce, par intermittence, repoussant les particules. Une onde. Elle se concentra sur les vagues qui ricochaient sur les murs, sur chaque obstacle. Oui, c’est une voix... Deux voix ! Des intonations, des semblant de mots tentaient de se découper. Elle n’arrivait cependant pas à en comprendre un seul. Ca se déplace... Tout était flou, sans véritable limites, et se brouillait. Il fallait remonter vers une source. Elle s’accrocha à un signal et ne le lacha plus. Il devint plus fort, d’autres se joignant à lui, toujours mouvant, comme des centaines de ruisseaux se mèlant pour former une rivière. Les ondes se renforcent à chaque choc... Et reviennent. C’est pour ça qu’il est difficile de trouver l’origine. Il n’y a pas une seule origine... Elle aboutit à un point situé devant l’évier et, soudain, distinctement, elle entendit : - Robert, tu veux bien allumer la télé ? Des bruits de verre s’entrechoquant se superposaient aux paroles. De l’eau coulait. Une silhouette sonique vibrante s’affairait devant l’évier. Je me trompais. Les coquilles ne sont pas vides. Je suis devant un fantôme et il résulte des objets, des murs, de tout ce qui est autour de moi. Le premier fantôme découvert, elle arriva facilement au second. Ils étaient reliés par d’innombrables fils d’onde qu’elle n’avait qu’à suivre. - C’est l’heure de ton feuilleton ! Ce sont des manifestations du passé. - Cinq minutes, j’arrive. Ce passé caché qui est contenu dans le monde. La toile. Oui je me trompais, on ne voit pas le vent, mais il existe... Il nous réchauffe, nous refroidit. Elle n’avait jusque là pas osé bouger du lit, de peur de perdre sa concentration. Elle rouvrit les yeux. Le contact se rompit. La mémoire du monde est un vent. Et moi qui suis nue, je le sens par tous les pores de ma peau.
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J’ai vu ton fantôme Assis entre les piliers du lotus Il me regardait A travers le passé, mais motus S’il me disait tous mes regrets et mes remords C’est sans doute qu’il ne se savait pas mort Alors j’ai vu le cimetière Celui où je suis Celui dans lequel je vis “Aux sentiments infinis Les relations éphémères” Et j’ai pleuré encore Toute les eaux de ma terre
Pourquoi les morts Sont-ils si vivants A revenir encore Comme avant Et leurs décors Comme aux temps Si forts Des sentiments
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Le bien combat le bien. Le mal combat le mal. Ils ne font qu’un. Le combat éternel pour la survie. Hagia Sophia
Samedi 22 septembre 2022 - 08:34 AFP : Catastrophe mondiale inexplicable. Le monde se réveille ce matin dans le chaos et dans la peur. Un évènement inimaginablement violent a en effet paralysé la planète entière. Un nombre encore indéterminé d’humains (des millions pour le moins) ainsi sans doute qu’autant d’animaux, de plantes, et je ne sais quoi d’autre, ont disparu sans laisser la moindre trace. Dit comme cela, cela paraît surréaliste, mais il s’agit bien de la réalité. Nos parents, nos amis, nos collègues ne sont plus là. Comme morts. Si vous êtes devant votre écran, à lire mon article, c’est que vous avez été épargné par cette nuit folle furieuse, ou que vous vous apprêtez en découvrir les dégats. Outre les disparus, on compte des millions de morts par accidents, accidents de la route, accidents d’avion, d’opération chirurgicale, domestiques... Les autoroutes sont des cimetières fumants, les villes sont en feu, les campagnes désertes, les océans et les airs vidés. Il semblerait que déjà des guerres se soient arrêtées, faute de combattants, et que d’autres se profilent, riches de nouveaux déséquilibres. Sans doute que des milliers d’hommes et de femmes sont encore en très mauvaise posture, aux quatre coins du monde, mais nous ne pouvons rien pour eux, sinon prier. Prier tous les dieux et non-dieux, prier même si nous ne croyons en rien. Car nous vivons l’apocalypse, même si elle ne dit pas son nom et qu’aucune trompette n’a sonné. Le constat des dégats et de leurs conséquences, s’il est possible, prendra des années. Le plus inquiétant étant sans doute cette gigantesque épée de damoclès qui pend maintenant au dessus de nos têtes. Souhaitons que nous trouvions l’explication et si possible le remède le plus rapidement possible, car si nous sommes des miraculés, pour combien de temps le somme-nous encore ? Et comment reconstruire un monde devenu complètement fou et imprévisible ? Pour ma part, je vais essayer de continuer à faire ce que je sais le mieux faire, vous informer. Vous êtes peut-être peu nombreux à me lire, mais je vous souhaite néanmoins le plus grand des courages.
Samedi 22 septembre 2022 - 09:01 Reuteurs : Annonce du Vatican (générique). Le vatican se déclare “extrêmement peiné et horrifié par ce qui vient de se passer”. Il appelle les fidèles du monde entier à “se soutenir les uns les autres et à prier le Dieu miséricordieux”. Concernant une éventuelle officialisation de la survenue des temps nouveaux (apocalypse), il répond ceci : “la possibilité est à l’étude, mais sa Sainteté le Pape ayant disparu, aucune position ne sera prise par la sainte église catholique, apostolique et romaine avant qu’une nouvelle élection ne soit conclue”. Il semblerait qu’il règne une certaine agitation au Vatican, ainsi qu’une certaine désorganisation, après la disparation de pontifes occupant des postes clé. Un cardinal aurait déclaré : “Si ce n’est pas l’apocalypse, je veux bien aller rôtir en enfer !” et “Nous n’avons plus besoin de Pape, le chaos ambiant est bien suffisant. Il est temps de s’en remettre à Dieu directement”, tandis qu’un autre aurait confié “on dirait que Dieu a reconnu les siens. Ce qui est inquiétant c’est que nous ne savons pas de quel côté nous sommes.”. L’église catholique du Brésil se dit “fortement choquée que la sainte autorité ne l’ai pas prévenue à l’avance des évènements”. Car elle “ne peut pas croire que personne n’était au courant”. Elle envisage une scission prochaine. Pour finir, le Vatican déclare qu’il publiera “des communiqués réguliers pour rassurer ses fidèles dans le malheur”.
Samedi 22 septembre 2022 - 10:34 Reuteurs : Façon de voir. Niels Johnson, prix Nobel de physique 2019, a déclaré que “ce qui se passe ne peut pour l’instant être expliqué par la physique” et que “la rumeur indiquant que la création d’un mini trou noir dans l’accélérateur de particule français est totalement infondée et ne pourrait justifier ce type de phénomène”. Il a ensuite ajouté qu’il ne fallait pas “céder à la tentation de l’obscurentisme” et que “la religion autant que la science allaient devoir réviser leurs jugements quant à la marche du monde”. Herbert Dick, chercheur au Pôle des neurosciences à Los Angeles, a quant à lui, émis l’hypothèse que “plutôt que d’imaginer un changement du monde, on pourrait supposer un changement de nos perceptions”.
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Marais Mémoire profonde et stagnante Empli des germes de la vie De toutes mes vies débutantes Je sais A me pencher au bord du puits Que tu es dessous enfoui Comme un miroir perdu dans l’ombre Présageant mon éveil au nombre
Touche de ta voie Mes doigts de fée En descendant Dans le passé Et se faisant Active l’onde Du bout des ongles Touche ton monde
Parais
Le livre des disparitions
Le tout est plus que l’ensemble des parties... Et parfois, moins. SICLIC
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Nos pensées secrètes Nos expériences muettes Forment des rides en surface Dans l'entrelacs du face à face Et nous nous voyons vieillir À ne vouloir haïr À ne pouvoir aimer À n'avoir questionné que des miroirs éteints Au plus profond de teints Dans le profil de bête Tout au fil de nos têtes
Les menteurs du désespoir Sont punis de mensonges Et meurent à se savoir Être dans leur songe
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Perché là-haut sur les courants L'aile légère déposée sur les vents En attente de la fin des tournois En attente de victoire, tournoie
Œil froid sur les massacres, œil distant Teste l'air du réel qui se distend Sans jamais perdre la piste, la voie Assassin futur de la dernière proie
Haute-définition des non-définitions Idéaliste liste de l'idéale finition Perché là-bas, tournoie errant Enivrante trajectoire, ultime et fondant
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